... GENOU

Arthroscopie:
  • Menisectomie


  • Les ménisques sont au nombre de 2 par genou: un interne et un externe.
    Ils sont les amortisseurs du genou.
    Une lésion méniscale isolée, spécialement si elle n'est pas traitée, finira par entraîner, dans la grande majorité des cas, une arthrose du genou.

    Les lésions peuvent être traumatiques ou dégénératives (usure).
    Elles entraînent souvent des douleurs (appelées gonalgies), un gonflement du genou, parfois un blocage selon le type de lésion.
    Le diagnostic d'une lésion méniscale est avant tout clinique (examen du genou par le chirurgien), mais parfois, un arthro-scanner ou une résonance magnétique s'avère indispensable.

    Le traitement consiste à réaliser une arthroscopie.
    Grâce à une caméra, par de petites incisions, on visualise l'intérieur du genou et on traite les lésions méniscales.
    L'arthroscopie a permis d'apprécier l'importance des lésions et de les traiter à minima.
    Chez les jeunes, il est parfois possible de suturer le ménisque interne déchiré, dans des cas de lésions bien particulières. Cette suture est réalisée par arthroscopie.

    L'arthroscopie se déroule le plus fréquemment en chirurgie de jour.
    La récupération est rapide.
    Si toutefois une suture a été réalisée, ce qui permet de sauver le ménisque, la marche avec appui et la flexion ne sont pas autorisées pendant 3 à 4 semaines.


  • Rotule

    La rotule, encore appelée patella, peut être le siège d'une hyperpression fémoro-patellaire externe: la force de traction de l'aileron rotulien externe est trop importante et fait basculer la rotule du côté externe. L'équilibre des pressions s'exerçant au niveau de la surface n'est plus atteint. Le cartilage de la facette articulaire externe va commencer à s'abîmer, évoluant lentement vers une arthrose.
    Cette pathologie est d'origine congénitale, et souvent bilatérale, bien qu'elle puisse se manifester d'un seul côté. Elle peut se manifester à n'importe quel âge, ainsi qu'après un traumatisme.

    Les signes débutants sont souvent une douleur, un blocage transitoire, des petits phénomènes de subluxation.

    Le diagnostic se fait par l'anamnèse (interrogatoire du patient), l'examen clinique et un scanner qui va étudier la position exacte de la rotule.

    Le traitement sera fonction de l'ensemble des résultats.

    Si le patient n'est pas trop âgé, qu'il n'y a pas eu de luxation importante mais seulement des phénomènes de subluxation, une section de l'aileron rotulien externe par arthroscopie peut s'avérer suffisante.
    Un second geste peut être associé par arthroscopie, à savoir la plicature de l'aileron rotulien interne. Ces deux gestes vont permettre à la rotule de se recentrer, sans toutefois déstabiliser la rotule, et éliminer l'hyperpression responsable de la pathologie.
    Si la pathologie est beaucoup plus importante, s'il y a une arthrose, une arthrotomie s'impose (voir autre paragraphe).

    La récupération
    La mise en charge est autorisée d'emblée.
    Si la section de l'aileron externe est réalisée seule, la flexion se fait immédiatement, et est même vivement conseillée. La kinésithérapie peut commencer le lendemain.
    Si les deux gestes sont associés, la flexion n'est pas autorisée pendant deux semaines.

  • Ligamentoplastie du ligament croisé antérieur

    Le ligament croisé antérieur ou LCA intervient dans la stabilité du genou en empêchant la laxité antérieure du tibia par rapport au fémur, et sa rotation.

    Les lésions du LCA sont dans la grande majorité des cas secondaires à un traumatisme assez violent (torsion du genou: football, ski, basket...), mais peuvent survenir à n'importe quel moment de la vie courante.
    Une rupture du LCA finit par entraîner une instabilité du genou dans la grande majorité des cas (celle-ci peut survenir tardivement par rapport au traumatisme).
    Cette instabilité, surtout si elle est associée à une rupture d'un ou des deux ménisques, entraînera l'évolution vers une arthrose, si on ne rétablit pas la stabilité en pratiquant une ligamentoplastie.
    Cette intervention est réalisée par arthroscopie.
    La suture du LCA ne donne pas de bons résultats car la nécrose des fibres qui constituent le ligament commence dans les heures qui suivent le traumatisme.

    Plusieurs techniques sont utilisées actuellement.
    Depuis plus de 20 ans, nous pratiquons, mon époux et moi, la ligamentoplastie par arthroscopie, et nous avons ainsi pu évaluer et comparer les résultats des différents types proposés.
    Celle que nous avons retenue depuis déjà pas mal d'années consiste en l'utilisation d'une allogreffe de fascia lata.

    Qu'est-ce qu'une allogreffe? C'est une greffe prélevée sur un cadavre. Il n'y a jamais eu de rejet, contrairement aux ligaments synthétiques qui pouvaient causer de grosses réactions inflammatoires nécessitant l'enlèvement de l'implant.

    La récupération
    Certes, cette technique ne permet pas de remarcher le lendemain, mais c'est celle qui incontestablement nous a donné les meilleurs résultats à long terme (environ 20 ans de recul).
    La flexion est reprise progressivement au 10ème jour, la marche avec appui au bout de 4 semaines. Mais cela en vaut la peine!
    L'hospitalisation est de 3 à 4 jours.
Arthrotomie:
  • Prothèse unicompartimentale

    Fréquemment, chez les patients plus jeunes, un seul compartiment est atteint d'arthrose, le plus souvent, le compartiment interne. Les causes peuvent être diverses: antécédent de ménisectomie, varus ou valgus, obésité, traumatisme...
    Il n'est dès lors pas indispensable de mettre une prothèse totale, l'alternative est la prothèse unicompartimentale.
    Certaines conditions sont nécessaires: intégrité du ligament croisé antérieur, varus ou valgus pas trop important.

  • Prothèse totale


  • Le genou peut être le siège d'une dégénérescence (usure) importante du cartilage, appelée arthrose.
    L'arthrose est caractérisée par la mise à nu du tissu osseux sous-chondral. On a alors un frottement os sur os, entrainant des douleurs et pouvant provoquer une impotence fonctionnelle importante.
    C'est généralement une pathologie de la personne âgée, mais on peut également en voir chez des personnes jeunes, ayant subi des traumatismes importants par exemple.

    Les causes sont l'âge, la déformation des membres inférieurs en valgus ou en varus, l'obésité, le caractère familial...

    Le traitement consiste le plus souvent dans la pose d'une prothèse totale de genou.
    C'est évidemment une intervention lourde, mais qui apporte le soulagement et redonne une fonction au genou. Elle permet de retrouver une vie normale.

    La récupération est rapide. La mise en charge est autorisée dans les 24 à 48 premières heures. La flexion se fait dès le lendemain de l'intervention.
    Un traitement kinésithérapique se poursuit le plus souvent à domicile.
    La durée d'hopitalisation est de 4 à 5 jours.

  • Greffe ostéo-cartilagineuse

    Certaines lésions, à condition qu 'elles ne soient pas trop étendues, peuvent bénéficier d'une greffe de cartilage.
    Plusieurs méthodes sont décrites, mais nous avons opté pour une seule: la greffe en mosaïque, encore appelée mosaïc plasty.
    Elles peuvent être réalisées au niveau des condyles ou au niveau de la rotule où elles donnent particulièrement de bons résultats.
    Au niveau des condyles, on peut éventuellement la réaliser par arthroscopie, mais l'importance et l'étendue de la lésion seront un critère important. Quant à la rotule, il est nécessaire de faire une arthrotomie.

    La greffe peut être une alternative à une intervention plus importante, surtout chez les jeunes. Mais elle peut aussi être la solution définitive dans certaines pathologies, comme par exemple une fracture cartilagineuse avec perte de substance.

    L'intervention
    Le prélèvement du cartilage se fait au niveau même du genou, souvent au niveau de la trochlée fémorale: on prélève des carottes os-cartilage. Le nombre est fonction de l'étendue de la lésion.
    La lésion a été préparée auparavant, des canaux du même diamètre que les carottes ont été réalisés et sont prêts à recevoir ces greffons.
    Entre les greffons se reformera un fibro-cartilage.
    L'hospitalisation est de 4 à 5 jours.

    La récupération est fonction de la localisation de la lésion:
    En ce qui concerne la rotule, la marche avec appui est autorisée d'emblée, par contre la flexion est interdite pendant 2 semaines. Une attelle universelle de genou est posée.
    En ce qui concerne les condyles, l'appui n'est pas autorisé pendant 4 semaines, ainsi que la flexion.
    Un traitement kinésithérapique est ensuite prescrit.

  • Luxation récidivante de rotule

    Lorsque la pathologie devient trop importante pour une arthroscopie, il y a dès lors lieu d'intervenir de façon classique, c'est-à-dire en ouvrant le genou, ce que nous appelons une arthrotomie.
    Par une incision médiane antérieure, l'articulation est ouverte. On commence par regarder l'état du cartilage de la rotule et de la trochlée.

    • Le cartilage est peu ou pas abîmé: l'intervention consiste alors uniquement à recentrer la rotule: on résèque l'aileron rotulien externe, on incise l'aileron interne pour le resuturer en "paletot", on désinsère le vaste interne pour le suturer en le raccourcissant. Il est parfois nécessaire d'associer une transposition de la tubérosité tibiale antérieure.
      Si le cartilage est à un stade relativement peu évolué de dégradation, un simple "shaving" peut suffire.

    • Le cartilage est au stade arthrose: dans ce cas, si la surface abîmée n'est pas trop importante, une greffe de cartilage sera associée.

    • La rotule a une forme en "béret basque": la greffe de cartilage sera très probablement impossible à réaliser. On fera une résection de l'ostéophyte, ainsi qu'une "spongiolisation et des perforations de Pridie", ce qui entraînera la formation d'un fibro-cartilage.

    La récupération
    La mise en charge avec appui et la marche sont autorisées. Par contre, la flexion est, dans tous les cas, interdite pendant 2 semaines. Une attelle universelle de genou est requise.
    Ensuite, un traitement kinésithérapique est prescrit afin de récupérer la flexion et la musculature.