... EPAULE

Arthroscopie:
  • Traitement de la péri-arthrite

    L'épaule est une articulation extrêmement complexe qui, pour simplifier, comprend l'articulation glénohumérale et l'espace sous-acromial. Ces 2 compartiments sont séparés par la coiffe des rotateurs.

    Deux types de pathologie sont essentiellement traitées par arthroscopie:

    1. La périarthrite scapulo-humérale

    Encore appelée impingement syndrome par les Américains, c'est une inflammation de la coiffe des rotateurs.
    Elle peut être secondaire à un traumatisme, par exemple, après une luxation d'épaule, ou survenir progressivement, sans avoir subi de traumatisme important.
    Lorsque le patient se présente à la consultation, les douleurs sont généralement présentes depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou plusieurs années.
    Elles sont constantes, empêchent le patient de dormir sur l'épaule, entraînent une limitation des mouvements (impotence fonctionnelle). Les patients sont gênés dans la vie courante.
    Dans la grande majorité des cas, divers traitements ont déjà été tentés, sans grand succès, puisqu'ils consultent le chirurgien.
    Beaucoup de patients ont bien sûr été guéris par les divers traitements préalables à la chirurgie: anti-inflammatoires, infiltrations (attention: pas plus de 3), kinésithérapie, mésothérapie.

    Les RX montrent généralement une diminution de l'espace sous-acromial.
    On peut aussi y voir une ou plusieurs calcifications.
    Attention, ces calcifications ne sont pas la cause de la douleur, mais ne sont que la conséquence du problème inflammatoire.
    Il n'est donc pas très utile d'en faire l'excision.

    L'arthroscopie a pour but de réaliser une décompression de l'espace sous-acromial en l'agrandissant. Plusieurs gestes sont réalisés:
    - Résection des tissus inflammatoires et adhérentiels
    - Résection du ligament acromio-coracoïdien
    - Acromioplastie (fraisage de la partie antéro-inférieure pour diminuer son épaisseur)
    Ces différents gestes ont pour but de diminuer le frottement de la coiffe des rotateurs sur la partie antérieure de l'acromion.

    La récupération
    L'arthroscopie est réalisée en chirurgie de jour.
    La mobilisation est autorisée dès le premier jour. Il n'y a pas d'immobilisation. Un traitement kinésithérapique est prescrit.
    La durée moyenne de guérison est de 3 mois.

    2. La luxation récidivante

    La luxation de l'épaule est le plus souvent d'origine traumatique, mais quelquefois, elle se produit spontanément chez les patients présentant une hyperlaxité physiologique.
    Nous parlerons ici de la luxation traumatique antéro-inférieure, la plus courante.

    Lors d'un premier épisode de luxation, il faut, avant de réduire, s'assurer qu'une fracture n'est pas associée. Après la réduction, il faudra immobiliser 3 à 4 semaines (bras en écharpe).

    Si lors de la luxation, une déchirure du bourrelet glénoïdien s'est produite, il est très vraisemblable que d'autres épisodes suivront. Cela devient alors une luxation récidivante.
    Si l'on n'intervient pas pour restabiliser cette épaule, d'autres lésions suivront qui entraîneront progressivement une arthrose.

    Si le bourrelet glénoïdien présente une désinsertion sans rupture frontale, on peut alors le refixer par arthroscopie, en plaçant de petites ancres, résorbables ou non.
    S'il y a eu fracture associée ou lésion complexe du bourrelet, une arthrotomie sera nécessaire (voir autre paragraphe).

    La récupération
    Une immobilisation de 4 semaines minimum, coude au corps, est absolument indispensable afin d'assurer la fixation du bourrelet à la glène.
    Ensuite, de la kinésithérapie doit être poursuivie.
    Dans les 3 mois, la récupération est généralement complète.
Arthrotomie:
  • Luxation récidivante

    Comme je l'ai signalé plus haut, lorsque le bourrelet glénoïdien présente une lésion complexe ou qu'une fracture de la glène était présente, il devient nécessaire de faire une arthrotomie.
    La technique utilisée est la butée antérieure, mais il en existe d'autres.

    Soit on prélève un fragment osseux au niveau de la crête iliaque, soit on utilise un greffon d'allogreffe ou d'os synthétique.
    Ce fragment sera, après préparation de la glène, fixé par une ou deux vis, au bord antéro-inférieur de la glène, ce qui aura pour conséquence de créer comme un mur qui empêchera la tate de l'humerus de luxer.

    La récupération
    Le bras sera immobilisé pendant 6 semaines: une première période de 3 semaines en immobilisation complète, une seconde période durant laquelle le patient pourra mobiliser le coude.
    Ensuite, le traitement kinésithérapique pourra commencer.
    La récupération est complète en 3 à 4 mois.